Imitation

Imitation et Imagination

L’imitation est une mise en correspondance entre le moi et l’autre. Elle peut fonctionner comme un support de socialisation et constituer un mode d’échange social. L’enfant les utiliserait dans ses rapports avec l’adulte et ses pairs.
L’imagination est donc dans l’imitation, la source principale de la créativité et de la culture du futur adulte. Celui-ci oublie en grandissant, que son imagination a construit son identité et l’aide à choisir son entourage (son monde). C’est ce que pensait aussi Maria Montessori (médecin et pédagogue italienne).

De la naissance à trois mois, les imitations « synchrones » cèdent la place aux « imitations de mémoire ». Ces dernières rendent possible les échanges réciproques entre l’adulte et l’enfant. Les nouveau-nés fournissent en effet beaucoup de réponses imitatives et imitent rapidement même pendant les temps d’arrêt.

Andrew N. Meltzoff (psychologue américain) est un expert internationalement reconnu sur développement du nourrisson et de l’enfant. Il estime que les jeux d’imitation permettraient d’expliquer les phénomènes d’empathie précoce (le bébé fait ce que l’autre fait et ressent ce que l’autre ressent). Les jeux d’imitation permettent aussi la compréhension interpersonnelle (« là il y a quelque chose comme moi »).
Vers quatorze mois, il a conscience d’être imité et il peut tester l’adulte.
Puis à vingt et un mois environ, il reconnaît explicitement les imitations qui ont une intention communicative.
Ainsi, l’imitation directe avec un partenaire de jeu semble jouer un rôle essentiel dans la genèse de la communication. Elle constitue un mode d’échange important au cours de la troisième année.
Après cette période, l’enfant commence à se différencier des autres. Il joue un rôle dans les interprétations au travers de ses imitations, de ses représentations sociales et culturelles, de son environnement proche.

Imagination, imitation et comportement

Selon Johan Huizinga (historien anthropologue Néerlandais), l’imagination est intimement liée à nos valeurs, notre sens moral, notre rapport aux autres.
Ainsi, des études ont démontré que les enfants dépourvus d’imagination sont plus susceptibles de recourir à la violence que les enfants à l’imagination fertile. C’est particulièrement vrai dans une culture qui expose les enfants à des images violentes comme solutions où les émotions dominent (télévision, écrans, langage familier, …)

Alfred Einstein (musicologue du vingtième siècle) recommandait la lecture de contes de fées afin de nourrir la sagesse inhérente de l’enfant. Ainsi l’enfant puis l’adulte, créé l’image de ses objectifs avant de les atteindre. C’était l’approche musicale des mots qui permettait à l’enfant,  selon Alfred Einstein, d’imaginer un contexte et de s’approprier les sentiments liés. Nous n’étions pas encore dans un monde d’image.

En conclusion, le temps passé à imaginer et reproduire des gestes du quotidien sont des temps passés à l’apprentissage social et émotionnel qui nourrissent les compétences et l’imagination d’un être tout au long de sa vie.